Jour 2 a commencé assez tôt. Je n’étais plus au stage de sommeil profond alors les ronflements d’un autre convive de l’auberge (dans une chambre de 12, il y en a toujours un qui ronfle) étaient suffisants pour me garder bien réveillée. Au final ce fut pour le mieux, j’ai encore plus profité de ma journée!
J’ai tout de suite su quand je suis sortie dehors à 8h30 que la chaîne météo n’avait pas menti. Il faisait soleil mur à mur et l’air avait la fraîcheur précaire du printemps qui fond dès que midi se pointe. Je n’aurais pu tomber mieux, mon itinéraire de la journée était essentiellement constitué de jardins!
Premier arrêt : le jardin japonais
Bon, j’entend déjà les critiques, pourquoi perdre son temps à aller voir un jardin japonais en Pologne? Parce que c’est beau peu importe l’inspiration du jardinier (japonais d’origine qui s’est déplacé que pour ça, donc on est assuré d’une certaine authenticité) et que, par un temps pareil, je ne vais pas me cacher dans une église!

Ceci étant dit, je suis arrivé au fameux jardin à 9h30. Comme c’était un dimanche, on peut facilement imaginer la foule qu’il y avait là de si bon matin. Bref, j’étais absolument seule si on fait abstraction du garde à l’entrée qui allait occasionnellement déambuler les sentiers. Mon appréciation a certainement doublée juste à cause de ça. Après tout, un jardin japonais un peu zen, c’est fait pour être vu dans le calme, pas avec une autre centaine de touristes plus ou moins morons et des enfants qui courent, cris et pleurent. Le seul hic : il est encore tôt pour les arbres et les fleurs, donc tout n’était pas vert ou coloré. Bah, j’aime toujours mieux ça que les foules d’été!
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| Pas trop stressées... |
Le jardin était petit. Un bon marcheur pas trop penché sur la botanique fait le tour en dix ou quinze minutes. Cependant sa petite taille n’a rien enlevé de son charme. Avec le soleil du matin, tout était beau, paisible, élégant. Bon, l’eau était encore très brumeuse en ce début de printemps et je n’ai pu apercevoir qu’une seule carpe cachée dans une ombre, mais c’est un bien petit détail. Comme seules autres habitants, deux pigeons, trois ou quatre canards et des tonnes de grenouilles. Elles ne doivent pas avoir de prédateurs dans ce petit lac, car il y en avait réellement beaucoup.
Je suis partie juste comme les premiers touristes arrivaient. Un peu plus loin, au stationnement du grand complexe extérieur dans lequel est situé le jardin japonais, deux autobus voyageurs vomissaient leur contenu et des rangées de motocyclistes arrivaient à coup de muffler pour visiter l’espèce de motor show qui s'y préparait. J’ai béni mon timing.
Un check-out plus tard, je suis repartie pour ce qu’ils appellent Cathedral Island et, juste à côté, le jardin botanique. J’avais déambulé sur Cathedral Island la veille, mais il était rendu presque midi et le soleil lui donnait une toute autre apparence. Les cathédrales étaient aussi beaucoup plus impressionnantes. Comme c’était dimanche et que des cathédrales, j’en ai déjà vu pas mal, j’ai contemplé l’extérieur et laissé l’intérieur aux croyants. Le jardin botanique m’appelait!

Encore une fois, les fleurs n’étaient pas à leur meilleur à cause de la saison, mais c’était tout de même fort agréable à voir et à marcher. Il y avait peu de gens (le prix d’entrée était dérisoire, mais reboutait tout de même les touristes pas tant intéressés par un autre jardin parmi tant d’autres dans le monde) et le silence régnait. Ce n’est pas le Jardin Botanique de Montréal, mais quand il fait un beau grand soleil comme il a fait ce dimanche, c’est une des meilleures attractions à visiter! J’ai complètement vidé un duo de batteries à haute capacité entre le jardin japonais et le jardin botanique…
Considérant l’heure, la faim a fini par m’arracher aux sentiers. Je suis allée manger une bouchée pas trop compliquée et, comme dessert, je me suis arrêtée chez Czekoladziarnia. C’est une petite chocolaterie dont j’ai entendu maintes louanges, et en plus elle était située à deux pas de mon auberge où m’attendaient encore mes bagages! Je ne pouvais donc pas manquer cette opportunité.
J’y ai commandé deux choses : un chocolat chaud et un sundae. Contradictoire, en effet, mais malgré le soleil l’ombre et le vent était encore frisquet. Donc le chocolat chaud pour le vent d’avril, la crème glacée pour le soleil. Duo parfait!
D’abord, le chocolat chaud. C’était littéralement du chocolat fondu dans une tasse, aussi épais que le ketchup Heinz qui ne sort pas de sa bouteille (j’exagère un peu). Riche, onctueux, parfaitement équilibré entre ‘au lait’ et ‘noir’ et donc ni sucré, ni amer. Un très gros plus : c’est le premier chocolat de cette texture que je bois qui n’a pas fait de grumeaux lorsqu’il a commencé à refroidir. A+.
Quant au sundae, c’était un joyeux amalgame de crème glacée au chocolat, de noix, de fudge coulant et de crème fouetté. Quoi dire de plus? C’était délectable! Comme la fin de cette dégustation coïncidait avec mon heure de départ, je suis allée chercher mes bagages et je suis partie pour le train. J’avais une carte alors j’y suis allé à pied cette fois-ci. Je ne voulais pas tenter ma chance une seconde fois avec les tramways…
Un billet de première classe s’imposait pour le retour car il était hors de question que je reste debout comme une dinde pendant 6h30 de temps. J’ai bien fait; les sièges ne sont pas non plus garantis, mais beaucoup moins de voyageurs sont prêts à payer le prix! J’ai donc eu un banc à côté de la fenêtre, de l’espace pour mes coudes et l’esprit tranquille. Retour réussi.