Saturday, April 30, 2011

Quatre folles et quatre jeans: Varsovie

Il a fait beau.

La petite famille est arrivée sous le grand soleil et un vingt degrés qui sentait l’été à plein nez. Malheureusement mon plan pour les accueillir avec pancartes, fleurs et  fruits frais n’a pas fonctionné dû à une combinaison d’erreurs humaines, d’un site internet menteur et d’un vol en avance. Je suis arrivée tout juste cinq minutes trop tard. Enfin, j’ai tout de même eu droit au flying tackle de la frangine et d’un accueil fort enthousiaste.

Premier arrêt : l’hôtel Metropol.

Et quel hôtel! Pour un simple trois étoiles, qui plus est situé pile dans le centre de la ville, la chambre était fort impressionnante. Spacieuse, moderne et avec un long balcon privé au 9e étage donnant sur le Palace of Culture and Science, elle n’avait pas grand-chose à envier au Novotel juste en face. Bref, ce fut un succès de ce côté.

Malgré les heures de vol et le décalage horaire, mesdames ne voulaient pas perdre de temps de visite. Nous sommes donc parties vers l’inévitable Old Town par le biais de la Royal Route. Rue commerciale parsemée d’endroits historiques, nous avons visité plusieurs églises où, Pâques oblige, des Polonais de tous âges faisaient patiemment la file pour le confessionnal. Les Polonais forment un peuple encore très croyant et pratiquant, ce qui est plutôt surprenant pour des nord-américaines élevées dans le désenchantement occidental. C’était parfois gênant de visiter une église en tant que touriste alors que tant de gens priaient ou se confessaient. Nous avons d’ailleurs eut droit à quelques regards noirs…

Le Royal Route a finalement donné sur la place centrale d’Old Town. Comme le nom l’indique, le quartier a conservé, ou plutôt a été rebattit, dans le respect du style d’antan (presque tout ayant été détruit durant la guerre) et l’architecture ancienne fut conservée. Je m’étais retenue de visiter cette partie de la ville pour qu’elle soit presque autant une découverte pour moi que pour les autres, mais je me suis fait trahir par Cracovie, Poznàn et Wrocław. Leur Old Town ressemblait logiquement à celui de Varsovie. À l’opposé, je n’ai pas vu ces trois villes accompagnée de ma famille, alors l’expérience est demeurée tout autre!

Malheureusement, malgré toute la beauté et la valeur d’Old Town, la fatigue commençait à être impossible à ignorer pour mes co-voyageuses. Nous avons donc soupé tôt chez Zapiecek, incontournable pour quiconque veut prétendre avoir goûté à de vrais pierogi, et sommes retournées à l’hôtel.

La journée fut courte mais la météo promettait d’être aussi belle le lendemain. C’est donc avec bonne grâce que je suis moi-même aller prendre du repos à ma résidence. Rendez-vous à l’hôtel pour 9 heures le matin.

Malgré un décalage horaire encore bien ressentit, mesdames ont tout de même réussi à obéir à leur cadran et nous sommes sorties de l’hôtel avant l’heure de pointe du matin. Cette expression est ici bien relative : vers 9h le samedi de Pâques en Pologne, les rues sont désertes. Notre premier arrêt, le Palace of Culture and Science, n’échappait pas à cette tendance, à notre plus grand bonheur!

Le hic ici est encore Pâques. Nous nous sommes cognées à des portes closes. Peu conséquent pour moi qui peux y retourner d’ici la fin de la session, embêtant pour mes compagnes. Enfin, l’édifice en soit de l’extérieur vaut presque le déplacement à lui seul. Construit par les communistes, sa grosseur, son austérité et ses coins ronds témoignent de cette époque encore mal digérée par les Polonais.

Un tour de l’édifice plus tard et nous sommes allés visiter le Warsaw Uprising Museum. Celui-ci raconte comment le peuple Polonais c’est battu contre l’invasion allemande lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Comme l’a fait remarquer ma sœur, lorsque l’on mentionne ‘Hitler’ et ‘Pologne’, les premières choses qui nous viennent en tête sont Auschwitz et le massacre des juifs. Pourtant, les Polonais normaux vivant hors du ghetto ont aussi soufferts énormément de l’occupation allemande. Ce musée nous a donc permis de voir exactement ce qui s’est passé du ‘bon’ côté de la clôture. C’était loin d’être joyeux.

L’après-midi s’est écoulé dans un environ un peu plus paisible, soit le Łasienki Park où se trouve le Palace on the Water. Le parc en question est très gros et renferme, comme le nom l’indique, un palais construit sur une île à peine plus grosse que lui et qui chevauche la petite rivière qui traverse le parc. Comme il était aussi fermé pour Pâques, nous avons concentré nos énergies à déambuler dans les environs et à séduire des paons. Un spécimen en particulier nous a fait grâce d’un fort beau spectacle et n’étais pas nerveux au point de nous laisser flatter sa queue. Les plumes sont étonnement douces.

Finalement, nous sommes allées souper (après un petit arrêt à ma résidence pour aller chercher ma valise) dans un restaurant folklorique typiquement riche en viande et pauvre en légumes qui, bien que fort respectable, n’a pas valu le Miod i Wino découvert lors de ma première visite à Cracovie et où j’ai ramené mes invitées lundi soir. Encore plus intéressant encore : le bar au 40e étage de l’hôtel Marriott. Je vous laisse imaginer la vue qu’on y avait (et les prix…). Peut importe, ça nous a consolé d’avoir manqué l’observatoire du Palace of Culture and Science!

Prochaine étape : Cracovie la Pluvieuse. 

(J'ai peu de photos cette fois-ci; j'ai laissé cette tâche à la super soeur qui en prend des très belles. Je les copie dès que possible!)

Saturday, April 16, 2011

Zoo de Varsovie

Avant que qui que se soit ne s'emballe: un zoo est un zoo, au Québec comme en Pologne. Les différences ne sont donc pas tant culturelles ou ethniques que particulières à l'endroit où est situé le zoo, son ampleur et financement, etc. Comme il est pas mal plus petit que le zoo de Granby, mes attentes étaient proportionnellement beaucoup moins grandes.

Premier arrêt, avant même d'avoir acheté son billet: les ours bruns installés à côté de la route et du premier arrêt de tramway après avoir traversé le pont menant au district de Praga. Les pauvres ours... Petit enclos, tintamarre et pollution causés par la circulation lourde et touristes idiots qui leur lancent n'importe quoi à manger. Bon, les ours sont peut-être heureux de ce dernier élément, mais je suis certaine qu'une diète de biscuits et de diverses collations sucrées n'est pas idéale pour eux. En réalité ils font plutôt pitié. 

Suite à cette première impression, j’ai débuté ma visite avec appréhension. Heureusement les ours sont réellement un cas extrême et la plupart des animaux semblaient (à mes yeux inexpérimentés du moins) bien traités. Je ne me suis donc pas sentie trop coupable d'admirer les divers spécimens du zoo de Varsovie. La seule exception était le tigre. Seul, son enclos semblait assez petit merci et il passait son temps à faire les cents pas le long de la limite en bitume de son habitat. Il n'avait pas l'air le moindrement à l'aise. Mais bon, qui peut réellement dire ce qui se passe dans la tête d'un tigre?

Vu la météo (nuageux), la journée de la semaine (vendredi) et le temps de l'année (tôt), le zoo était presque désert, ce qui m'a beaucoup plu. L'après-midi a rapidement fait place à l'heure du souper et j'ai eu le plaisir de découvrir un gâteau, de la pizza et des ballons dans ma chambre à mon retour. Surprise!


Wednesday, April 13, 2011

Week-end à Vilnius: dimanche

Finalement, nous sommes arrivés à dimanche. Ce fut essentiellement une réplique de vendredi : beaucoup d’autobus, un ‘souper’ à 15h et quelques arrêts dans des stations services. Palpitant, non?

Bon, il y avait tout de même un arrêt intéressant avant de retraverser la frontière, soit le château de Trakai. Situé sur une petite île et détruit par les Russes, il fut restauré il y a quelques années. Encore une fois il faisait très venteux, mais le soleil était au rendez-vous et la visite guidée s’est déroulée surtout dans le château où les pièces étaient chauffées. Personne ne s’est plaint de l’anachronisme. Le château est assez petit et les zones accessibles, limitées. Nous ne sommes pas restés longtemps mais ce fut une charmante visite tout de même. Ma seule déception fut l’air ‘neuf’ que la restauration lui a donné; il ne faisait pas tant son âge.  Et malheureusement pour vous, mes batteries de caméra sont mortes avant mon entrée dans le bâtiment principal, mais tout est plus joli dehors de toute façon.

Ce sera un très court billet, mais dimanche ne fut réellement pas rocambolesque. En réalité, cette expérience m’a officiellement découragé des voyages organisés par le comité de l’école. Trop de tours guidés, repas inclus insatisfaisants et une emphase sur les party et les clubs trop importante pour mes goûts personnels. J’aime encore mieux sauver l’argent des frais d’entrées et expérimenter de la cuisine locale un peu plus complexe. Et puis, je découvre que je ne suis pas une suiveuse de grands groupes et que je n’apprécie pas avoir à ajuster mon rythme selon les attentes de personnes qui, quoi que fort sympathiques, ne me sont pas encore très proches.

« Attend-moi, on va…blablablabla. »

Négatif. Mes prochaines excursions seront seules ou avec quelques personnes soigneusement choisies pour leur compatibilité avec mes habitudes et mon appréciation de leur compagnie (mesdames de la famille qui arrivent pour Pâques, vous êtes bien entendues incluses dans cette catégorie!).

Au final, c’est bien dommage, car Vilnius aurait été charmante à visiter si seulement j’en avais eu vraiment le temps. Je vais tout simplement devoir me rattraper avec mes prochaines destinations! Au menu dans les prochains mois : Prague (République Tchèque), Torùn, Gdańsk et quelques villes de la Hollande. No rest for the wicked!

Tuesday, April 12, 2011

Week-end à Vilnius: samedi

Samedi c’est révélé être une journée froide et venteuse, mais armée d’un bon manteau et de bottes d’hiver, j’étais prête pour le tour guidé de la ville. Coup de chance, le guide était très intéressant et c’est donné comme mission de nous montrer les recoins que personne n’aurait visité autrement. Il nous a tout de même amené à quelques unes des attractions traditionnelles, mais il a laissé la plupart à notre discrétion. Vilnius n’étant pas très grande, surtout le Old Town, son pari fut réussi.

Une des parties intéressantes fut le ‘Montmartre’ de Vilnius, soit un quartier de moins en moins pauvre où vivent surtout des artistes et d’humbles travailleurs. Loin d’accepter une vie monotone dans un recoin malfamé de la ville, ces mêmes artistes ont rendu les choses plus intéressantes en déclarant leur ‘indépendance’. Le quartier est donc (en toute rigolade bien sûr) son propre pays, la République d’Uzupis,  avec un premier ministre, un ministre des affaires étrangères et même une constitution rédigée en plusieurs langues! Voici un lien où vous pourrez la lire en anglais (la surface réfléchissante de la plaque empêchait les photos lisibles; dommage, elle est aussi traduite en français) : http://outinthemiddaysun.blogspot.com/2008/02/uupis-constitution.html
Toucher le nez du chat porte chance!

Un petit arrêt dans une boutique d’ambre pour se réchauffer et nous sommes repartis. Après quelques ruelles et l’obligatoire église ou deux, le tour a finalement pris fin. Le hic dans toute cette histoire, c’est que nous avions tout juste 45 minutes de temps libre avant le départ pour le souper lithuanien (16h…). Puisqu’il fallait compter au moins 20 minutes pour retourner à l’auberge, cela nous a donné à peine 25 minutes pour déambuler et magasiner. Pas fort du tout.

Enfin, nous avons pris la direction du restaurant. L’établissement était en soit plaisant, avec une thématique rustique bien exploitée. Le menu, lui, était peut-être un peu moins génial. Encore une fois, je blâme le symptôme du budget d’un groupe organisé qui cherche à couper dans le gras. Nous avons donc commencé avec une soupe aux légumes au bouillon léger à base de betteraves et une quenelle de crème épaisse. Satisfaisant.

Pas gras du tout.
Quand j’ai vu arriver le repas principal, mes artères se sont bloquées tout d’un coup. Nous nous sommes faits servir deux espèces de dumplings géants en formes d’œufs faits à base de pommes de terre, fourrés (très légèrement, la pâte est clairement à l’honneur) de viande hâchée et accompagnés d’une sauce au beurre et à la crème. J’aime les repas bien costaud, mais là, j’ai atteint une limite. J’ai décortiqué le tout, mangé la viande et un peu de la pâte, mais la majorité est restée dans mon assiette. Un vrai boulet de canon.

Le dessert c’est résumé par une petite pointe de gâteau aux épices pas mauvais mais bien banal. Ah, et j’oubliais la dégustation d’alcool lithuanien! C’était bien, mais clairement mes goûts ne sont pas de cette catégorie. Trop fort, trop rentre-dedans. Le vin qui accompagnait le dessert était si sucré qu’on aurait dit boire du miel mélangé à de l’alcool à friction.

Le souper fut le dernier moment fort de ma journée. Nous avions environ deux heures de plus de libres avant le départ pour la ‘surprise’ (un autre tram party, mais improvisé et sans lumières ou système de son, bof) et ensuite l’éternel club. Je me suis baladée dans la ville, j’ai admiré les vitrines des magasins fermés (grrr) et je suis retournée à l’hôtel profiter de quelques heures complètement seule dans la chambre de dix personnes pour rattraper un peu de sommeil perdu.

Au final, la journée n’a pas répondu à mes attentes. Après vendredi, ce fut plutôt décevant. Ne reste plus que dimanche!

Week-end à Vilnius: vendredi

Le constat de vendredi : de l’autobus. Beaucoup, beaucoup d’autobus. Et un horaire mal planifié côté arrêts et repas.

C'est l'heure de la sieste
Tout d’abord, départ à 6h le matin en direction de la réserve de Bialowieza. Nous y sommes arrivés une heure en avance, mais heureusement la guide y était déjà alors nous n’avons pas perdu notre temps devant l’unique étal de souvenirs trop longtemps. Bialowieza est principalement une réserve de bisons, mais elle abrite aussi quelques autres cervidés, sangliers, loups et lynx. Bref, j’ai revu la faune de chez nous (ou presque). En passant, le lynx n’était pas plus visible que celui de Montréal.

Après une petite heure sympathique mais pas très impressionnante, nous avons repris la route. Normalement, nous devions prendre une pause pour grignoter vers 10h, avant la réserve, mais comme nous étions en avance, les organisateurs ont décidés de sauter directement au ‘souper’ (prévu pour…15h!). Le seul hic ici, c’est que nous étions debout depuis au moins 5h. Les toasts et les croissants étaient très, très loin. Nous nous sommes donc arrêtés vers midi à une station service où les gens ont pu se ravitailler en attendant 15h. Erreur. La plupart ont mangé un dîner complet, mais qui peut les blâmer?

Souper à 15h??? C’est réaliste quand on se lève à 10h et qu’on oublie le dîner, pas à 5h! Bref, personne n’avait faim au restaurant. D’ailleurs, c’était l’équivalent polonais d’un trucker stop. Sans blagues. À sa défense, l’endroit était plus proche d’un restaurant familial que des casse-croutes aux sur-portions américaines. Au menu : poitrine de poulet grillée un peu sèche à cause du réchaud, sauce aux épinards, pommes de terre bouillies inégalement et salade de carottes. Ce n’était pas mauvais, mais j’ai vu mieux.

De retour sur la route et ligne droite pour Vilnius. Nous sommes arrivés un peu trop tard pour faire quoi que se soit, alors pour ceux et celles qui n’allaient pas au club (je lève la main), la journée c’est terminée là.

Croisons les doigts pour que samedi soit plus intéressant. 

Wednesday, April 6, 2011

Week-end à Wrocław: dimanche

Jour 2 a commencé assez tôt. Je n’étais plus au stage de sommeil profond alors les ronflements d’un autre convive de l’auberge (dans une chambre de 12, il y en a toujours un qui ronfle) étaient suffisants pour me garder bien réveillée. Au final ce fut pour le mieux, j’ai encore plus profité de ma journée!

J’ai tout de suite su quand je suis sortie dehors à 8h30 que la chaîne météo n’avait pas menti. Il faisait soleil mur à mur et l’air avait la fraîcheur précaire du printemps qui fond dès que midi se pointe. Je n’aurais pu tomber mieux, mon itinéraire de la journée était essentiellement constitué de jardins!

Premier arrêt : le jardin japonais

Bon, j’entend déjà les critiques, pourquoi perdre son temps à aller voir un jardin japonais en Pologne? Parce que c’est beau peu importe l’inspiration du jardinier (japonais d’origine qui s’est déplacé que pour ça, donc on est assuré d’une certaine authenticité) et que, par un temps pareil, je ne vais pas me cacher dans une église!

Ceci étant dit, je suis arrivé au fameux jardin à 9h30. Comme c’était un dimanche, on peut facilement imaginer la foule qu’il y avait là de si bon matin. Bref, j’étais absolument seule si on fait abstraction du garde à l’entrée qui allait occasionnellement déambuler les sentiers. Mon appréciation a certainement doublée juste à cause de ça. Après tout, un jardin japonais un peu zen, c’est fait pour être vu dans le calme, pas avec une autre centaine de touristes plus ou moins morons et des enfants qui courent, cris et pleurent. Le seul hic : il est encore tôt pour les arbres et les fleurs, donc tout n’était pas vert ou coloré. Bah, j’aime toujours mieux ça que les foules d’été!

Pas trop stressées...
Le jardin était petit. Un bon marcheur pas trop penché sur la botanique fait le tour en dix ou quinze minutes. Cependant sa petite taille n’a rien enlevé de son charme. Avec le soleil du matin, tout était beau, paisible, élégant. Bon, l’eau était encore très brumeuse en ce début de printemps et je n’ai pu apercevoir qu’une seule carpe cachée dans une ombre, mais c’est un bien petit détail. Comme seules autres habitants, deux pigeons, trois ou quatre canards et des tonnes de grenouilles. Elles ne doivent pas avoir de prédateurs dans ce petit lac, car il y en avait réellement beaucoup.

Je suis partie juste comme les premiers touristes arrivaient. Un peu plus loin, au stationnement du grand complexe extérieur dans lequel est situé le jardin japonais, deux autobus voyageurs vomissaient leur contenu et des rangées de motocyclistes arrivaient à coup de muffler pour visiter l’espèce de motor show qui s'y préparait. J’ai béni mon timing.


Un check-out plus tard, je suis repartie pour ce qu’ils appellent Cathedral Island et, juste à côté, le jardin botanique. J’avais déambulé sur Cathedral Island la veille, mais il était rendu presque midi et le soleil lui donnait une toute autre apparence. Les cathédrales étaient aussi beaucoup plus impressionnantes. Comme c’était dimanche et que des cathédrales, j’en ai déjà vu pas mal, j’ai contemplé l’extérieur et laissé l’intérieur aux croyants. Le jardin botanique m’appelait!

Encore une fois, les fleurs n’étaient pas à leur meilleur à cause de la saison, mais c’était tout de même fort agréable à voir et à marcher. Il y avait peu de gens (le prix d’entrée était dérisoire, mais reboutait tout de même les touristes pas tant intéressés par un autre jardin parmi tant d’autres dans le monde) et le silence régnait. Ce n’est pas le Jardin Botanique de Montréal, mais quand il fait un beau grand soleil comme il a fait ce dimanche, c’est une des meilleures attractions à visiter! J’ai complètement vidé un duo de batteries à haute capacité entre le jardin japonais et le jardin botanique…

Considérant l’heure, la faim a fini par m’arracher aux sentiers. Je suis allée manger une bouchée pas trop compliquée et, comme dessert, je me suis arrêtée chez Czekoladziarnia. C’est une petite chocolaterie dont j’ai entendu maintes louanges, et en plus elle était située à deux pas de mon auberge où m’attendaient encore mes bagages! Je ne pouvais donc pas manquer cette opportunité.

J’y ai commandé deux choses : un chocolat chaud et un sundae. Contradictoire, en effet, mais malgré le soleil l’ombre et le vent était encore frisquet. Donc le chocolat chaud pour le vent d’avril, la crème glacée pour le soleil. Duo parfait!

D’abord, le chocolat chaud. C’était littéralement du chocolat fondu dans une tasse, aussi épais que le ketchup Heinz qui ne sort pas de sa bouteille (j’exagère un peu). Riche, onctueux, parfaitement équilibré entre ‘au lait’ et ‘noir’ et donc ni sucré, ni amer. Un très gros plus : c’est le premier chocolat de cette texture que je bois qui n’a pas fait de grumeaux lorsqu’il a commencé à refroidir. A+.

Quant au sundae, c’était un joyeux amalgame de crème glacée au chocolat, de noix, de fudge coulant et de crème fouetté. Quoi dire de plus? C’était délectable! Comme la fin de cette dégustation coïncidait avec mon heure de départ, je suis allée chercher mes bagages et je suis partie pour le train. J’avais une carte alors j’y suis allé à pied cette fois-ci. Je ne voulais pas tenter ma chance une seconde fois avec les tramways…

Un billet de première classe s’imposait pour le retour car il était hors de question que je reste debout comme une dinde pendant 6h30 de temps. J’ai bien fait; les sièges ne sont pas non plus garantis, mais beaucoup moins de voyageurs sont prêts à payer le prix! J’ai donc eu un banc à côté de la fenêtre, de l’espace pour mes coudes et l’esprit tranquille. Retour réussi. 

Tuesday, April 5, 2011

Week-end à Wrocław: samedi

Six heures et demi de train m’ont finalement mené à Wrocław (prononcé Vro-tswaf), la ‘Venise’ de la Pologne. Elle est surnommée ainsi en partie à cause de ses quelques petites îles peuplées de parcs et d’églises, mais je n’ai rencontré personne qui l’équivalait réellement à Venise.

Tant mieux, j’ai mieux aimé Wrocław.

Mon arrivée en début d’après-midi à quelque peu été chamboulée par des changements inattendus de trajets de tramway, ce qui m’a décalé d’une heure et demie de mon horaire planifié. Enfin, pour le peu que j’avais planifié. Résultat : les quelques monuments ou attractions que j’avais pensé visiter étaient fermés ou sur le point de. J’ai donc consacré le reste de ma journée à faire le tour de la vieille ville à pied.

Wrocław est très jolie mais ressemble au final aux autres villes polonaises que j’ai visité à date. Après deux ou trois fois, l’architecture finie par se ressembler. Il y a tout de même un petit quelque chose qui la différencie des autres (à part les iles, bien entendu) :  des nains. Ou des gnomes, c’est selon.

Oui, des nains.

Parsemés un peu partout dans la ville, ces petites statues sont connectées au mouvement politique Orange Alternative et représentaient une forme de protestation pacifique contre le communiste. Maintenant, ils servent d’attraits touristiques mignons et amusants à dénicher.  Il y en a beaucoup, surtout dans le square central.

Comme je suis arrivée assez tard, la journée a été plutôt courte en événements et s’est soldée par, évidement, un bon souper au restaurant. J’espère que vous n’êtes pas surpris! Cette fois-ci, mon choix s’est arrêté sur Darea, apparemment Le Meilleur Restaurant Coréen-Japonais De La Pologne. Je ne pouvais pas manquer ça! J’ai été rapidement rassurée de mon choix : la moitié des occupants étaient coréens. Ou asiatiques. Je ne fais pas toujours la différence…

Il n’y aura malheureusement pas de photos cette fois-ci. Ce n’était pas le genre d’établissement où je serais confortable de brandir ma caméra, alors je suis restée sage. Je découvre que beaucoup de restaurants de Pologne, plutôt que de servir du pain comme amuse-gueule, offre très souvent un petit plat de la maison. Dans le cas de Miod i Wino à Cracovie et de Pierogarnia à Poznàn, on parle d’un pâté à base de lard et du pain rustique, quelques fois accompagné de cornichons. Chez Darea, j’ai eu droit à un trio de salades : bok choy épicé, épinards et poivrons acidulés et fèves germées avec une sauce à base de sésame. Tous les légumes étaient croquants (ou mous) à souhaits et parfaitement assaisonnés. Si seulement j’avais su pour le bok choy, je l’aurais gardé pour la fin. Il a été difficile de goûter à ces fèves beaucoup plus douces!

Je ressemblait un peu à ceci à la fin de la soirée...
Je me suis ensuite pris en entrée une soupe gyoza, donc avec de petits dumplings à la viande. Il n’y a pas grand-chose à annoncer ici mise à part qu’elle était très bonne une fois rehaussée d’une cuillérée de sauce soya. J’ai aussi été impressionnée par les céleris croquants. Ça sonne idiot, mais comme on sait que la plupart du temps, les soupes sont laissées dans un chaudron chaud toute la soirée et servie au besoin… On s’attend normalement à des légumes mous!

Au plat principal maintenant! Réputation et qualité de l’établissement oblige, tous les plats plus traditionnels (et les sushis…snifsnif) étaient trop dispendieux pour mes moyens actuels. J’ai donc opté pour…le poulet teriyaki. Je n’ai pas fait fausse route! La panure était si mince qu’elle était quasiment inexistante, donnant juste le croquant qu’il fallait aux lanières de poulet. La sauce était aussi très bonne et en quantité raisonnable. Il n’y avait pas de piscine dans mon assiette… Le tout était complété par une vraie montagne de légumes frais! J’ai beaucoup apprécié ce côté plus végétarien qui a laissé tomber le bourrage de bords d’assiettes avec du riz.

Et finalement, le dessert. Le menu promettait une crème glacée frite. J’avais de la difficulté à retenir mon enthousiasme! Ce qui m’a été servi, cependant, était tout autre : une galette de crème glacée placée dans une crêpe et recouverte de coulis au chocolat et de crème fouettée. Nous n’avons pas la même définition de ‘frit’. Dommage…

Statue vivante en flagrant délit de modernité
Ce court samedi c’est par la suite soldée d’une petite marche nocturne, question d’activer la digestion un tantinet. Dodo tôt, la chaîne météo annonçait dimanche comme une journée absolument glorieuse!