Friday, February 25, 2011

Week-end à Cracovie: dimanche

Vous voyez le fond? Moi non plus.

Comme dimanche était la journée du grand départ, il n’y avait pas grand-chose à l’horaire à part le cinq à six heures d’autobus. Notre unique destination était les mines de sel de Wieliczka, mais quelle destination!

Tout a commencé par une descente aux enfers, excusez-moi, une descente d’escaliers, d’environ 350 marches consécutives. Facile, direz-vous, c’est de la descente et non de la monté! En effet, le niveau de difficulté est nettement inférieur, mais les plus pantouflards d’entre nous et ceux avec des problèmes de genoux en ressentiront déjà les effets. Au total, durant toute la visite, c’est 800 marches qui seront descendues. Oui, j’étais un peu faible des quadriceps vers la fin. C’est un exercice insidieux!

Question profondeur, la mine s’engouffre jusqu’à 327 mètres de profondeur et s’étend sur 300km. Cependant, seulement 3.5km sont accessibles aux touristes. D’autres chemins sont apparemment disponibles sur demande par des géographes ou des gens d’organisations comme le National Geographic, or les corridors ne sont pas aussi bien aménagés, ventilés et déshumidifiés!

Une des plus grandes richesses de cette mine de sel, outre le minerai lui-même (qui n’est plus excavé dû à des problèmes de sécurité et d’inondations), sont les sculptures de sel à thématique religieuse. Les mineurs vivaient dans une époque très pieuse et effectuaient un emploi des plus dangereux. Ainsi, la religion occupa une très grande place dans leur quotidien et ils façonnèrent multiples sculptures, statues et chapelles sous-terraines.  Malheureusement, le sel est un minerai qui ‘fond’ naturellement avec le temps malgré les meilleures conditions climatiques possibles. Le patrimoine antique de la mine est donc condamné à disparaître avec le temps; plusieurs statues en démontrent déjà les signes. Il est estimé que les plus anciennes  ne seront plus là pour la prochaine génération.

Malgré tout, les trésors de la mine méritent d’être vus. Une salle en particulier est des plus spectaculaires : la cathédrale sous-terraine de Wielizcka. Tout y est en sel : le plancher, les murs, le plafond, les statues, même les cristaux des chandeliers sont en fait du sel! Elle est d’ailleurs encore fonctionnelle et il est possible de la louer pour des mariages. Avis aux intéressés!

Un petit light-show plus tard et nous étions en chemin pour la dernière portion du tour guidé qui, tristement, consistait surtout d’un chapelet de magasins souterrains de souvenirs et de cossins à des prix exorbitants. À toute fin pratique, la sortie c’est terminée là.

Ah oui, et les marches? Nous ne les avons pas remontées. Il y a un ascenseur pour ça. 

Tuesday, February 22, 2011

Week-end à Cracovie: samedi


La deuxième journée c’est amorcée beaucoup plus agréablement que la veille. « The early bird gets the worm, » disent les anglophones, et ils ont bien raison. Un réveil relativement tôt m’a évité la ligne d’attente aux douches et j’ai eu le premier choix au petit buffet inclus dans le prix du forfait. J’ai par la suite pu observer et me réjouir intérieurement de la souffrance de tous ceux ayant fait la fête la veille et qui tentaient de se préparer pour le tour guidé de Cracovie. Départ à 11h30.






Suji
Somme toute, le tour nous a permis de voir plusieurs choses intéressantes, cependant il a souffert de sa longueur (trois heures) et des trop longs moments plantés debout à écouter la guide. Bien que le froid n’était pas mordant et que j’étais vêtue en conséquence, au bout d’un certain temps le froid pénètre et la patience s’effrite.  Suji et moi avons laissé tomber le groupe après avoir visité la cathédrale du château de Cracovie et avant le dernier arrêt : la montée de la tour, soit environ 300 marches. Je la monterai par un temps plus clément. Notre destination : un petit café où prendre un chocolat chaud et peut-être une petite pâtisserie en plus. Malheureusement, ou heureusement, c’est selon, Suji a aussi une bonne dent sucrée! Cette pause a certainement été un des moments forts de ma journée. Le chocolat et la pâtisserie étaient très bons mais pas phénoménales, cependant sentir la circulation retournée à mes orteils l’était certainement!

Une fois requinquées, nous sommes parties explorer le vieux Market Square et ses rues adjacentes par nous-mêmes. L’architecture ancienne est jolie quand elle est entretenue pour ne pas avoir l’air délabrée et les bâtiments sont entassés les uns contre les autres; il n’y a aucune cour et les jardins sont intérieurs. Les rues presque entièrement piétonnières sont aussi un plus définitif. Cependant, la région n’est pas si grosse et nous avons réussi à faire le tour juste à temps pour le souper. J’attendais ce moment avec impatience afin de rattraper la déception de la veille. Chemin faisant, nous nous sommes dénichées un petit restaurant aux allures réellement folkloriques et aux prix abordables : Miod i Wino.

Tout à l’intérieur, de la décoration aux costumes des serveurs et en passant par la musique, était rustique et traditionnel. J’imagine bien l’ambiance un peu bruyante mais bon vivant qui doit y régner quand l’endroit est rempli. Malheureusement nous y sommes allés un peu trop tôt selon les standards européens et étions quasiment seules.

Au moins, les plats sont arrivés très rapidement! Pour nous faire patienter, le restaurant offre un pâté de viande avec le pain rustique. Ah! Mais quel pâté! Oubliez ici les chichis aux herbes, dégraissés et toujours un peu sec et granuleux. Ce pâté était 50% viande, 50% gras, mou et crémeux à souhait et aussi blanc de gras que brun de cubes de viandes qui n’étaient consciemment pas parfaitement écrasés et mélangés. C’était excellent; le gras donne du goût, après tout!

Bigos
Par la suite, j’ai enchaîné avec un plat qui m’a été présenté comme très traditionnel, très ‘polonais’ : le bigos. Lisez bien la description, c’est un arrêt cardiaque instantané : porc, saucisses, bacon, sauerkraut et oignons, le tout cuit comme un mijoté et servi dans un bol de pain. Ne vous imaginez pas que tout ceci venait avec une petite salade verte en à-côté pour ce donné bonne conscience. Il n’y avait pas de légumes autres que les oignons et le chou. Le bigos est un plat gros, gras, délicieux et qui s’assume pleinement ainsi. C’est un peu comme la poutine, en fait. Ou un souper à la cabane à sucre.

Malgré tout, la portion n’était pas si énorme (et je n'ai  pas mangé le bol de pain) et j’avais ainsi amplement d’appétit pour un dessert! Il n’y avait rien de typiquement polonais, alors je me suis laissée tentée par le gâteau au fromage avec meringue. Comme la photo le témoigne, la gourmandise l’a emportée sur la patience et j’ai pensé un peu tard de prendre une photo! C’était un gâteau très respectable, mais la spécialité de la maison n’est clairement pas les desserts.

De retour à l’auberge, il était temps de se préparer pour le fameux tram party. Comme le nom l’indique, c’est un party dans un tramway! Un tramway spécial, adapté avec système sonore, espace de DJ et lumières colorées, est loué et fait un petit tour de ville pendant environ deux heures. Bien entendu, même s’il utilise les mêmes rails et passe devant les mêmes stations, le tramway n’embarque aucun passager ordinaire. Étonnement, ce n’était pas trop serré vu la quantité de gens et le phénomène de nouveauté ont rendus l’expérience très divertissante. Le seul hic : les fumeurs ont vite fait d’empoisonner la place. Dommage.
L'art contemporain, j'vous jure...

Monday, February 21, 2011

Week-end à Cracovie: vendredi

Tout a commencé par un réveil brutal lorsque l’alarme de feu de la résidence s’est mise à retentir exactement quinze minutes avant ma propre alarme. Il était alors 5h15 du matin. Pour ceux d’entre nous qui partaient pour Cracovie, ce n’était qu’une façon efficace de ne pas manquer le bus. Pour les autres… Heureusement pour moi et Suji, une employée est rapidement venue nous avertir que ce n’était qu’une fausse alarme, un problème mécanique apparemment, et que nous pouvions nous recoucher.

L’alarme sonnait encore à notre départ vers 6h. Qui est sincèrement capable de se recoucher dans un tel vacarme?

Le trajet d’autobus fut une révélation sur la qualité et la quantité des routes de la Pologne. Le réseau d’autoroutes est sous-développé et la moyenne de vitesse tourne autours des 70km/h. Tout en excluant un pépin mécanique qui nous retarda de deux heures, il a fallu six heures pour parcourir la distance Varsovie-Cracovie. Définitivement, les trains valent beaucoup plus la peine!

Première chambre à gaz
Finalement, nous sommes arrivés à Auschwitz. Le temps était nuageux et gris et soutenait à merveille l’ambiance imposée par l’historique des lieux. Il est dur de décrire fidèlement l’impression ressentie lorsqu’on nous présente un bâtiment dans lequel s’entassaient en moyenne 700 personnes. 





Pour ma part, je crois qu’il est impossible pour quelqu’un qui n’est pas directement connecté par la famille ou par l’histoire à Auschwitz  de réellement ressentir l’horreur de cette période sans y être physiquement confronté. Il y a des films, des documentaires, des images, mais tout cela reste de l’audiovisuel, une construction. Le spectateur va s’exclamer de l’atrocité des camps de concentration, mais sur une base plutôt rationnelle. Une personne bien élevée sait qu’elle doit trouver de tels évènements inhumains. La réalité de la situation ne nous rentre réellement dedans que lorsque nous nous trouvons en personne devant les tonnes de cheveux humains rasés des cadavres pour être vendus à une compagnie de textile, ou bien devant les minuscules vêtements dépouillés des poupons envoyés à leur mort car trop jeunes pour travaillés.

Auschwitz est un lieu funeste qui ne doit pas nous permettre d’oublier les dérapages dont est capable la race humaine.

Tout de même, il fallait bien retourner dans le présent. Nous sommes donc remontés dans l’autobus pour notre destination finale : Cracovie. Là, nous avons eu droit à un soi-disant met traditionnel polonais.

J’ai mes doutes. Voici le repas en question :

Il y a tout d'abord eu la soupe poulet et nouilles de Lipton. La seule différence ici est la quantité moindre de sel, une pointe de piquant et quelques feuilles de persil. Et dire qu’on m’avait vanté les vertus des soupes polonaises…

Pour le plat principal, nous avons eu droit à une boulette de porc hâché avec des patates rôties, des carottes râpées et une pseudo-salade verte. Les carottes étaient en pile, crues et sans assaisonnement. Quant à la triste boulette de viande de porc bien normale, elle n'était accompagnée d'aucune sauce! Ce n’était pas mauvais, mais atrocement banal et plutôt sec.

Finalement, le dessert. Encore une fois, il n’était pas mauvais, mais cet espèce de trottoir aux fraises était un peu trop cuit et sec et manquait cruellement d’un coulis quelconque. Bref, une fin banale pour un repas banal. Comme c’était inclus dans le prix du forfait, sans doute étions-nous victimes du budget des organisateurs.

J’ai remédié à la situation le lendemain. C’était beaucoup mieux. Photos included!

Sunday, February 13, 2011

Mourir pour son manteau



Qui n'a jamais pensé avoir frôlé la mort? Jamais je n'aurais cru vivre un tel moment en allant récupérer....mon manteau. Bon, j'exagère un peu, c'est certain. Mais avouez que, lorsque vous vous imaginez des malheurs dans un club, ils ne sont pas reliés souvent au coat check. 

C'était la deuxième fois seulement que je sortais participer à un party d'intégration des p'tits nouveaux, mais mon opinion des clubs en général, qu'ils soient Montréalais ou Polonais, ne s'est pas amélioré. Outre une plus faible propension au phénomène meat market et aux filles qui seraient plus à leur place chez Paré! (je remarque à date une certaine réserve chez les polonais), un club d'ici ressemble à un club de Montréal: assourdissant, abrutissant et sans intérêt, pour moi du moins.

Alors, c'est quoi cette histoire de manteau?

Imaginez une masse humaine agglutinée devant un comptoir derrière lequel deux commis s'affairent dans un espace trop petit à aller chercher des manteaux désorganisés. Imaginez que, constamment, plus de gens arrivent par l'arrière et pousse désespérément pour obtenir leur satané manteau, comme s'ils allaient le perdre à tout jamais s'ils ne le récupéraient pas dans les cinq prochaines minutes. Maintenant imaginez dans quelle situation les gens arrivés au comptoir se trouvaient. Ou même juste au milieu. On se serait cru dans une ruée folle où les gens acculés au mur sont écrasés à mort par leur congénères. 

On dira que j'exagère encore, mais c'est bien peu. Il y a eu un ou deux moments où je ne pouvais réellement plus respirer et où il a fallut que j'ignore toutes mes bonnes manières pour repousser les gens derrière. Une fois au comptoir et mon manteau en main, je ne pouvais même pas sortir de cette foule tellement elle était serrée. Encore une fois j'ai dû pousser et (très fortement) incommoder les gens autours de moi pour sortir. Je me compte chanceuse de ne pas avoir perdu mon chandail. Ma voisine de coude ne peut pas dire de même...

No mercy!

Mais que faisaient les gardes pendant ce temps? Un s'assurait que les gens ne rentraient pas tout simplement dans le vestiaire par impatience, les autres étaient introuvables. Quel travail exemplaire. 

Tout ça pour dire que c'est une situation qui m'a complètement éberluée par son non-sens. Je ne comprend pas comment les gens en arrière, tous ensemble, pouvaient pousser ainsi quand ils connaissaient le résultat. Ah, l'être humain. Parfois, je n'ai pas à me demander pourquoi je le trouve absurde. La vie me le démontre tout simplement. 

Thursday, February 10, 2011

McDonald polonais

Ah, que je suis cruelle. Je suis sûre que vous mouriez d'envi de tout savoir à propos du McDo polonais, et voilà que je lambine pendant deux jours. Je vais donc immédiatement remédier à cette situation impardonnable.


Comme on peut le constater par l'état de ma cuisine, je ne suis pas tout à fait équipée pour faire de la popotte très complexe. Ou de la cuisine point. Enfin, j'ai donc décidé d'aller tester ce McDo alors que j'allais m'acheter quelques items divers. Verdict: ça goût pareil ici! À part une portion de viande habilement manipulée pour sembler plus grosse, la nourriture était identique. Le reste, cependant, comportait quelques différences.

Il n'y a pas de ketchup en fontaine, seulement un sachet en plastique donné avec le repas. Évidemment j'en ai manqué.
Ils vendent des ailes de poulet. Un coup parti, je vais aller au PFK juste à côté (il y avait aussi un Burger King et un Thai Express).
Il y a des poubelles exprès pour vider son trop-plein de liqueure avant de jeter son verre. Pourquoi on n'a pas encore ça ici? C'est bêtement intélligent.

Et etc. L'ironie ici, c'est que ce restaurant, situé dans un centre d'achat nommé Carrefour Centralna et dont le petit cousin s'appelle surement le Centre Eaton, est installé juste à côté  d'un centre d'exercice. C'est le logo à droite du 'M': Pure Fitness. Un p'tit jogging pour se déculpabiliser?


Voici la vue du 5e étage du Carrefour Centralna. Malheureusement c'est tellement grand que la nuit, mon flash ne pénètre pas très loin. Regardez attentivement et vous pourrez reconnaître trois paliers différents.

En conclusion: ne cherchez pas le choc culturel chez McDonald, du moins pas ici. Ils réussissent très bien leur mission d'homogénéité quasi-totale du produit.

À venir: les transports en commun.

Tuesday, February 8, 2011

La vie en résidence

Comme premier post, ou billet si je veux parler en bon français, il serait logique de discuter de cette chambre dans laquelle je vais habiter pendant cinq mois. J'ai déjà une liste de sujets anecdotiques, mais je vais les garder pour les jours maigres. Alors voici cette superbe chambre. Oui, vous pouvez ici y lire autant de sarcasme que vous voulez. Des draps bleus avec design contemporain, une couette rose fluo et une couverture en laine brune chalet-à-grand-maman, c'est douloureux pour les yeux.



Cette fenêtre donne directement sur la rue, mais nous avons reçu des rideaux. Je suis cependant trop petite pour me rendre, alors j'ai dû attendre l'arrivée de ma colloc, Suzy Kim (Sud Coréenne), qui est plus grande et a pu les accrocher à son arrivée dans la soirée. L'avantage d'arriver en avance est certainement le premier choix dans le mobilier: un des bureaux n'a pas de porte pour sa mini-armoire, pas vraiment de chaise appropriée et une des giga armoires de droite n'ouvre pas complètement car elle est trop proche du mur. Outstanding.


Voici le petit coin cuisine. Enfin, si ce n'était du frigo, le terme ne pourrait pas être utilisé. Il n'y a même pas de petit lavabo et aucune prise électrique proche pour brancher une bouilloire ou un toaster (mais nous avons déjà des flyers pour de la pizza, c'est si important!). D'ailleurs, il n'y a aucun toaster dans toute la résidence. J'ai dû 'patenter' quelque chose avec les fours au gaz pour avoir un semblant de toast au beurre d'arachide. Vu le résultat, je sens que ça va me manquer cruellement!

Pour le reste, c'est plutôt bien. Nous sommes la dernière chambre au bout du couloir (donc nous n'avons qu'un seul voisin) et nous sommes au premier étage, ce qui élimine le besoin de prendre les ascenseurs pour le moins douteux. C'est aussi bien chauffé, je dirais même trop (si vous avez de bons yeux, vous remarquerez les fenêtres ouvertes sur la première photo), donc nous sommes plutôt comfortable!

À part ceci, je n'ai pas grand chose à discuter sur cette pièce. Vu la grosseur et la simplicité des installations, c'est plutôt logique. Si jamais quelque chose d'incroyable arrive, je vous en fait part, promis.

À venir: Mcdo goûte-t-il la même chose ici?