Il a mouillé.
Cracovie ne m’aime définitivement pas. Après le froid, la neige et la pluie au mois de février lors de ma première visite, voilà que ça recommençait. Nous sommes arrivées sous une pluie, sinon diluvienne, très soutenue. La première journée était donc fort simple : trouver le premier resto ouvert (Pâques encore…) où manger (resto-terrasse sans intérieur où nous étions relativement au sec) pour ensuite courir de site en site en maudissant nos bas rendus trempés. Nous avons passé le plus clair de notre temps dans des églises avec tous les autres touristes dégoulinants. Inutile de dire que la visite s’est terminée tôt ce soir-là.
Heureusement nous avons pu ranger les parapluies le lendemain pour notre visite des mines de sel de Wieliczka et le Wawel Hill où trône le château de Cracovie. Il y a bien eu un petit orage, mais nous étions au chaud en train de diner (réellement à l’intérieur cette fois-ci) quand il a éclaté. Je ne perdrai pas trop de temps sur Wieliczka comme je lui ai déjà consacré un paragraphe ou deux. Suffit de dire qu’il y avait beaucoup plus de gens qu’en février!
L’édifice du château fermait, évidemment, à une heure de l’après-midi. Comme les mines de sel sont à une certaine distance de la ville, nous sommes arrivées trop tard. Il a tout de même été possible de visiter la cathédrale de dessous à dessus. Il y a plusieurs anciennes tombes dans les catacombes, dont celle, toute récente, du président mort l’an dernier dans un accident d’avion. Notre visite coïncidait presque avec l’anniversaire du drame et la tombe abondait donc de fleurs, de couronnes et de drapeaux polonais. Cela porte à se demander : si Harper venait à subir un sort semblable, la nation canadienne se soulèverait-elle ainsi pour commémorer et déplorer son départ hâtif? Peut-être suis-je pessimiste, mais je doute qu’il serait enterré aux côtés d’anciens monarques aux tombeaux centenaires, dans une catacombe historique d’une grande importance et richesse. Encore fraudait-il que nous ayons de telles endroits, mais certains parallèles existent.
Pour ce qui est du ‘dessus’, je parle ici du clocher de la cathédrale. Tout fait de bois, les escaliers sont étroits et abruptes et conviennent mal aux grandes personnes de notre époque. Pourtant, des gens gravissaient ses mêmes escaliers en soutane, en sandales et sous un éclairage beaucoup moins performant. Une des cloches exigeait une douzaine d’hommes pour être sonnée!
L’arrêt culinaire méritant d’être souligné cette fois-ci est encore Miod i Wino, cette découverte du pur hasard lors de ma première visite. J’ai opté pour le ragoût de cochon sauvage dans sa bouilloire (kettle, dans le menu). Curieux! J’ai reçu, non pas une bouilloire, mais un mini-chaudron suspendu au-dessus d’une petite flamme pour garder le tout à la bonne température. Une petite louche était accrochée sur une autre courbe du manche en métal. Heureusement, la présentation originale était supportée par un ragoût délicieux, fortement parfumé par l’arôme de la chair sauvage, et qui me rappelait énormément un certain ragoût familial que j’aime tant. La tendreté de la viande témoignait du long temps de cuisson! Et je n’étais pas la seule satisfaite. Mes convives ont adoré leur plat respectif, à mon plus grand bonheur. À force de chanter les louanges d’un endroit, il ne faut pas décevoir!
Le soleil c’est finalement éclairci lors de la troisième journée. Malheureusement, cette fois-ci ce n’est pas la pluie mais les temps d’attentes qui ont rendus le tout épuisant. Le plan pour ma sœur et moi était la visite d’Auschwitz, mais ce rendre là-bas en transports en commun, surtout si on veut éviter le tour guidé obligatoire entre 10h et 15h, est assez ardu. L’information complète étant impossible à trouver sur internet, nous nous sommes rendues à la station de bus centrale (tram+autobus) très tôt le matin pour constater qu’il fallait attendre 12h45 pour pouvoir s’y rendre après 15h. Il n’y avait pas de départ qui nous y conduirait avant 10h. Nous avons donc acheté notre billet d’aller, averties par la caissière qu’il valait mieux acheter notre billet de retour au chauffeur sur le site, et sommes retournées à Wawel Hill (bus+tram) pour voir le château maintenant ouvert en attendant 12h45.
Le site ouvrant à 9h30, nous avons dû attendre encore avant de pouvoir visiter. Comme chaque exposition individuelle était payante (certaines étaient franchement dispendieuses), nous nous sommes restreintes à deux présentations. Celle de Old Wawel où l’on voyait les ruines des bâtisses et fondations médiévales de la colline était plutôt décevante car il n’y avait pas suffisamment d’information sur les cailloux devant nous. La deuxième exposition, celle sur les trésors et les armes des lieux, était beaucoup mieux. Outre l’envahissement de groupes français, nous avons pu constater toute l’imagination et l’ingéniosité de l’homme lorsque vient le temps de s’entre-tuer.
Finalement l’heure de départ pour Auschwitz est arrivée. Retour à la station de bus centrale (tram+bus…encore). Le trajet a cependant été beaucoup plus rapide cette fois-ci et nous avons donc dû attendre 45 minutes avant de pouvoir partir pour le trajet d’une heure et demie. Et ce n’est pas fini! Nous sommes arrivées au site une demi-heure avant la fin des tours obligatoires. Attente, encore. Disons que j’étais contente lorsque nous avons finalement pu entamer la visite!
Encore une fois, je ne parlerai pas vraiment du site en question comme c’était mon deuxième passage. C’était aussi plaisant que possible dans un endroit aussi funeste et le soleil a bien voulu resté au rendez-vous. Tout c’est gâté pendant l’attente (on voit un thème ici) pour l’autobus au départ de 17h25, soit l’heure de pointe considérant la fermeture du site à 17h.
Vous vous souvenez de Mourir Pour Son Manteau? Cette fois-ci nous avons eu droit à Mourir Pour Son Siège. La caissière nous avait très mal conseillé et nous aurions dû acheter notre billet en avance. Comme l’autobus en était un de type voyageur, il ne pouvait accueillir qu’un nombre fixe de passagers. Une fois que tous ceux avec des billets étaient assis, c’était l’anarchie pour les cinq places restantes. Grâce à de la chance et à un coup de coude franc j’ai pu nous avoir une place direct devant la porte. J’ai cependant dû faire affaire avec une Espagnole enragée et sûre qu’elle était ‘la première’, comme si c’était possible à déterminer avec justesse dans une telle cohue, et qui en serait venue aux coups si je n’avais pas décidé de finalement la laissé passer. Évidemment elle traînait avec elle une amie. Trois places. Pendant cette altercation, une dame obèse à usé de son poids pour me couper (je suis loin d’être suffisamment imposante pour me battre contre ça), traînant elle aussi une amie. Une place. Voyant peut-être mes efforts ou ma détresse, le chauffeur m’a désigné comme la dernière personne choisie. Le hic : ma sœur! Un peu de désespoir plus tard et il l’a laissait elle aussi monter à bord. Résultat : il restait finalement moins que cinq places et nous étions assises dans l’allée. Bien honnêtement je m’en foutais, j’étais dans le bus. Le prochain était à 18h20…
La morale de cette histoire est simple : si vous comptez vous rendre à Auschwitz et que vous n’avez pas d’auto, résignez-vous aux tours guidés en partance de Cracovie. Vous vous éviterez ce vrai cirque et les Espagnoles violentes.
Finalement de retour à Cracovie, nous avons cette fois dû attendre la fin du concert de Chopin auquel participait maman et ma tante. Inutile de dire que nous étions tannées d’attendre après quoi que soit. Heureusement le petit restaurant polonais-italien était fort respectable et a su bien conclure la soirée et notre séjour à Cracovie.
En espérant qu’il fasse beau à Prague.
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